Pancréatite aigue 

La pancréatite aiguë est une maladie consistant en une inflammation rapide du pancréas. En fonction de sa gravité, elle peut avoir de graves complications avec un risque de mortalité malgré le traitement.

La pancréatite aigue consiste en une sécrétion importante et inappropriée par le pancréas d'enzymes protéolytiques, particulièrement la trypsineenzyme de digestion, et qui ne peut être évacuée dans le système canalaire pancréatique vers le duodénum. L'irritation de la graisse péripancréatique par ces sécrétions provoque une « auto-digestion » et une réaction inflammatoire qui va aggraver les lésions.

Quelles sont les symptômes d'une pancréatite aigue ?

La douleur est quasiment constante. Elle est à prédominance épigastrique, irradiant dans le dos (transfixiante) et soulagée par l’antéflexion (position penchée en avant), d’où la classique position en « chien de fusil ». Elle est le plus souvent à début brutal, pouvant être prolongée plusieurs jours en l’absence de traitement. Elle peut être majorée par la palpation.

Les nausées et vomissements sont également fréquents.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic est posé par votre médecin, en général par l'association des douleurs caractéristiques avec une élévation du dosage sanguin de lipase. 

Un scanner abdominal est en général réalisé dans les suites du diagnostic, pour confirmer l'inflammation pancréatique.

Quelles sont les principales causes de la pancréatite aigue ? 

Les deux causes les plus fréquentes de pancréatite aiguë sont :

- la consommation excessive d'alcool

- la lithiase biliaire (calculs)

 

Des causes plus rares existent également :

- des causes métaboliques : hypertriglycéridémie, hypercalcémie...

- une origine tumorale : révélation d'une tumeur cancer du pancréas, autre tumeur bénigne du pancréas.

- après un traumatisme abdominal violent

- effet secondaire médicamenteux 

- après un geste endoscopique (cathétérisme rétrograde des voies biliaires) 

- poussée de maladie auto-immune du pancréas 

- maladie génétique héréditaire (gènes CFTR, SPINK1, PRSS1, CRTC) 

Dans environ 10% des cas, aucune cause n'est retrouvée. Cette situations nécessite des examens de surveillance régulière afin de ne pas méconnaitre un diagnostic de tumeur débutante du pancréas.

Quel est le traitement de la pancréatite aigue ? 

Une hospitalisation est nécessaire dans la plupart des cas, parfois dans un service de soins continus ou de réanimation en cas de présence de critères de gravité.

Le traitement classique repose sur le traitement des symptômes (antalgiques pour la douleur notamment), et le traitement de la cause. 

L'hospitalisation est souvent nécessaire, car la prise en charge initiale repose sur une hydratation très importante par voie intra veineuse. 

Traitement de la cause authentifiée : sevrage en boissons alcoolisées, cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire) ou sphinctérotomie endoscopique (ouverture du canal biliaire au cours d'une endoscopie digestive), traitement d’une hypertriglycéridémie…

Y-a-t-il des risques de complications ? 

 

Selon la gravité de la pancréatite aigue, il existe une nécrose (mort du tissu) plus ou moins importante de la glande pancréatique.

 

A court et moyen terme, cette nécrose peut s'infecter, ce qui nécessite une prise en charge parfois complexe, association antibiothérapie et traitement local de la nécrose par un geste de drainage qui peut être endoscopique, radiologique, ou chirurgical. 

Lorsque le pancréatite aigue est sévère, elle peut également s'accompagner de la défaillance des autres organes, ce qui nécessite habituellement une hospitalisation dans une unité de réanimation.

A distance de l'épisode, la pancréatite aigue peut également se compliquer par la formation de pseudo-kystes liquidiens de mécanisme inflammatoire. Ces pseudo-kystes peuvent comprimer des organes adjacents ou s’infecter. Le diagnostic en est fait par échographie ou scanner. Ils peuvent nécessiter une dérivation, le plus souvent par un geste de drainage endoscopique. 

A plus long terme, il peut exister une insuffisance pancréatique séquellaire :

- soit de type endocrine (diabète sucré)

- soit de type exocrine (diarrhée graisseuse avec malabsorption) nécessitant la prescription d'extraits pancréatiques.